La sculpture romane à l’abbaye d’Arthous
Le chevet du XIIe siècle de l’église abbatiale Sainte Marie d’Arthous est orné de 59 modillons et de 9 chapiteaux. Ces sculptures, stylistiquement proches de celles de l’église de Sorde, peuvent être datées vers 1200.
Le décor sculpté de l’église d’Arthous mêle à la fois des motifs végétaux (fleurs, pignes de pin…), ornementaux (entrelacs, damier), figurés (personnages, oiseaux, animaux fantastiques…) ou historiés (scènes bibliques…).
Si certains sujets restent énigmatiques, d’autres sont aisément reconnaissables, comme la fuite en Egypte représentée sur le chapiteau de l’abside centrale: Joseph appuyé sur un bâton tire un âne sur lequel est assise Marie, l’enfant Jésus dans ses bras.
D’autres modillons présentent l’histoire de la Chute. On y reconnaît l’arbre aux fruits défendus, le serpent, Eve tenant une pomme et Adam se serrant la gorge.
D’autres encore évoquent des vices comme la luxure et l’ivrognerie et mettent en scène les châtiments qui sont réservés aux pécheurs dans l’Au-delà.
La sculpture romane n’a pas qu’un rôle « décoratif ». Elle est là pour apporter un enseignement aux fidèles. Ce faisant, elle remplit différentes fonctions théologiques, liturgiques et symboliques.
Au Moyen Age, prélats et théologiens estiment que l’image n’est en rien une vanité ou un divertissement. Au contraire, elle conduit à Dieu en montrant le sacré, en procurant le recueillement ou l’émerveillement. Le décor sculpté, mis au service de l’esprit, enseigne les Vérités de la Foi et aide à mieux comprendre les dangers du monde d’ici-bas.