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La pierre de Bidache

La pierre de Bidache

Durant la période moderne, l’activité la plus importante pour le duché de Bidache est l’extraction de la pierre dans les carrières locales. Mentionnée dès le XVIe siècle, cette activité doit remonter bien plus tôt.

La pierre de Bidache, appelée communément « la tigne », est un calcaire compact à grain fin, apprécié pour sa dureté et sa résistance à l’usure.

En 1601, le vicomte d’Orthe utilise la pierre pour « réédifier les chaussées de la rade et du port de Peyrehorade ». Les seigneurs de Gramont vont l’utiliser pour construire et transformer leur château.

Jusqu’au XIXe siècle, la pierre de Bidache est transportée essentiellement par voie d’eau. Elle est utilisée en grande quantité à Bayonne pour les travaux d’endiguement de l’Adour, les fortifications de la ville, les ponts ou le pavage des rues. Elle est également exportée vers Bordeaux, Saint-Domingue et la Guadeloupe.

En 1848, les carrières de Bidache emploient 580 hommes, 40 femmes et 80 enfants. La journée de travail est de douze heures. La tâche est très dure et des mouvements de grèves débutent en 1902.

L’extraction de la pierre reste totalement manuelle jusqu’en 1960. Par tradition et jusqu’en 1970, les tailleurs de pierre travaillent à genoux.

A l’apogée de la carrière, entre 1950 et 1955, 5000 tonnes de pierre sont extraites par an. Peu à peu le filon s’épuise et la crise arrive avec le premier choc pétrolier. Les carrières, pour perdurer, doivent investir, se moderniser et surtout se diversifier en retaillant des pierres à la mode comme le comblanchien.

Aujourd’hui, les carrières de Bidache travaillent des pierres venues d’ailleurs. L’extraction de la pierre de Bidache pourrait toutefois reprendre momentanément pour la restauration d’une chapelle à Ustaritz.